Nota Bene: Pour les 4 prochaines semaines, le vendredi sera consacré à la reprise de certains textes publiés au cours de l’année . R.L.

Un peu avant Noël ma voisine de 87 ans entra à l’hôpital pour ne plus y ressortir. C’est mon autre voisine, Mona, qui m’apprit la mauvaise nouvelle. Ce qui rendait la chose encore plus triste, c’est que personne n’a réclamé son corps. À l’hôpital, seul Mona allait la visiter. Mourir seul. Juste l’idée qu’il n’y aurait personne pour disposer dignement de ma carcasse m’inquiète. Ce n’est pas une question de rituels religieux, c’est comme une question de dignité, simplement pour ne pas mourir dans l’anonymat.
Dans la majorité des cas, ceux qui meurent seul vivent souvent seul. Avec une population qui est vieillissante, ce genre de situation arrivera de plus en plus souvent. Les personnes que l’on retrouve sans vie dans leur maison après deux, trois jours, voir une semaine dans certains cas, relève de l’isolement et de l’individualisme de notre société. Pourtant, il semblerait que nous sommes dans un univers ou les communications sont de plus en plus présentes.
Mourir seul est le summum de l’abandon. Si il y a un moment ou l’accompagnement est un réconfort, c’est bien à l’heure de notre mort. Même si l’expression « mourir seul comme un chien » existe, bien des gens n’accepteraient jamais qu’un tel sort se dessine pour leur animal de compagnie tandis que la vieille tante elle, peut bien pourrir dans son lit.
Bizarre l’humanoïde n’est-ce pas?
Richard…