Quand David fait reculer Goliath

3 07 2008

Le plus long conflit touchant un quotidien francophone au Canada a pris fin hier, alors qu’après 14 mois de « lock out », Québécor et les syndiqués du « Journal de Québec » en sont venu à une entente de principe. Les syndiqués ont approuvé l’offre patronale à 98%…

 

Cette entente surprise, arrive presque une semaine, jour pour jour, après que le PDG de Québécor, Pierre-Karl Péladeau, aura comparé l’avenir du conflit à celui de Vidéotron en 2002-2003 et qui s’était solder par 268 mises à pied, l’allongement de la semaine de travail et l’allongement de la sous-traitance…Autrement dit, PKP prônait la poursuite de la ligne dure…

 

Hier, si nous nous fions à l’entente, nous pourrions facilement dire que David à fait reculer Goliath. Avec des augmentations salariales de 2,5% par année, le maintient du service des petites annonces à Québec (au lieu d’un transfert en Ontario) combiné à celui de la semaine de quatre jours et du plancher d’emploi pour les journalistes et les photographes, on ne pourra pas dire que les 252 travailleurs reviendront au travail la tête entre les deux jambes…

 

Oui, il y a eu des pertes…Les employés devront maintenant travailler 37 ½ heures au lieu de 32 heures par semaine…sur quatre jours… Une heure trente de plus par jour…Pas trop cher payé pour garder son lundi ou vendredi de congé!

 

Donc, ne nous faisons pas de cachettes, le syndicat aura déjoué les plans de « L’Empire ». Ce ne fut certainement pas facile. Sauf que dans ce conflit, les employés du « Journal de Québec » ont fait preuve d’initiatives avec entre autre, la mise sur pied très rapide leur meilleur moyen de pression :  le « Média-Matin Québec ». De plus, le syndicat aura peut-être donné une petite leçon aux autres instances syndicales. Évidemment, c’est plus facile pour des journalistes de mettre sur pied un journal parallèle que pour des ouvriers par exemple, d’ouvrir une usine pour concurrencer le patron, mais tout de même le syndicat des employés du « Journal de Québec » ont sans l’ombre d’un doute, démontrer à leur employeur que le mot « Solidarité » est plus qu’une expression vide issue d’un slogan.

 

Le seul point négatif pour les lecteurs de la ville de Québec, sera la disparition éventuelle du « Média Matin Québec » qui était devenu un incontournable des revues de presse matinales pour bien des animateurs télé et radio… Heureusement pour les lecteurs, les messagers de ce quotidien gratuit seront toujours là pour les informer.

 

Malgré ces 14 mois de « lock-out », le règlement du conflit au « Journal de Québec » aura eu l’avantage de redoré l’image du mouvement syndical aux yeux de bien des gens. Lorsqu’un syndicat agit de façons logique et responsable, il ne peut pas toujours être perdant. Peut-être que les gens de la fonction publique devraient en tirer quelques petites leçons…

 

Richard…